05 septembre 2006
han deuïe han deuïe (le 2 septembre 2006)
Aujourd'hui, j'ai profité de la première distribution de la saison 2006/2007 pour faire un entraînement à la rentrée. Déjà, j'ai eu à courir après un jeune labrador fou qui avait eu la bonne idée de s'enfuir de sa chtite maison juste devant moi. J'avais sur les épaules mon sac de cours, un itspak évidemment comme tout djeune qui se resspekt, et le frottement était tout inhabituel après deux mois sans sac sur le dos, sans poids pesant sur mes omoplates, sans ancre me tirant de la nuque jusqu'au sol, sans ce boulet que tous les collégiens/lycéens se traîne avec une grimace digne d'un masque de nô (ceux qui ne font pas beaucoup de mots croisés peuvent chercher la signification de nô où ils veulent). Bref, alors que je ne portais pas ce symbole des études carcérales qu'est le sac de cours, j'ai pu gambader, les herbes folles me chatouillant les mollets (déjà que même sans sac un rosier a réussi à me chatouiller le mollet avec effusions de sang, je me demande ce qui se serait passé avec...) , et barboter avec un plaisir non dissimulé (nager avec un sac, je n'ai jamais essayé). Or, voilà que je me retrouve avec 5 kilos de papiers sur la colonne vertébrale. Sans me laisser abattre, je me suis entraîné au shouldy avec un enthousiasme sans faille jusqu'à ce que tous mes papier tombent par terre.
Toute personne ne partageant pas mes pensées ne sait pas ce qu'est un shouldy ? Pff. Bon, parce que c'est vous, je vais vous expliquer comment en faire un.
Un shouldy est l'une des figures réalisables avec un sac. Pour le pratiquer, voici comment faire :
1. Vous avez votre sac bien sur les deux épaules.
2. Faites glisser votre épaule jusqu'à ce que la lanière droite soit dans le premier tiers entre votre épaule et votre coude, en partant du haut.
3. D'un geste aussi vif que le hanneton qui déplie ses antennes, glisser tout le bras droit sous la lanière droite. Si vous avez suffisamment d'élan, le sac est déjà sur le côté gauche de votre hanche; sinon, donner un petit coup de bassin de la droite vers la gauche.
4. Vous pouvez fouiller dans votre sac; à chaque fois que celui ci glisse sur votre dos, donner un coup de hanche vers l'arrière.
5. D'un gracieux mouvement de buste, faite basculer le sac sur votre épaule droite, en ayant préalablement tendu votre bras droit pour le glisser dans la bandoulière.
Pour réaliser un shouldy inversé, transformez les mots "ggauche" en "droite" et vice versa.
Le morose qui a pensé très fort qu'un shouldy, c'est juste regarder dans son sac sans le mettre par terre, il n'a rien compris à la beauté de l'amplitude exacerbée du geste, à cet art si particulier de la torsion d'épaule et du mouvement de hanche qui fait qu'après vous êtes un champion de 'ooola 'ooop. Ce grognon est irrécupérable.
04 juillet 2006
Achevez moi.
Je préviens illico que cet article risque d'être très long.
Certains ont de l'argent de poche ou vont braquer des banques; les gens normaux.
Mon seul moyen de subsistance à moi est, j'ai nommé, la distribution (applause). Mais qu'est ce que la distribution, n'est ce pas ? J'oubliais que vous, vous êtes les gens normaux précedemment cités. Eh bien, comme quelques maudits du bourg, deux fois par mois environ, je distribue les papiers absolument nécessaires aux nonnais bretêchois. Ces papiers qui sont imprimés par la mairie, et dont la moitié passera directement de la case "Boîte aux
lettres" à celle "Poubelle" à cause de leur étrange ressemblance avec la paperasse publicitaire. D'habitude, c'est plutôt sympa; j'ai le même circuit depuis 4 ans; je connais ainsi les boîtes aux lettres que je remplis, les jardins que je foule du pied, les animaux domestiques et les gens que je croise. Ca me prend deux heures, ça me fait sortir le week end, parfois je ramène des fraises des bois et des fleurs...sortie bucolique genre la petite maison dans la prairie, quoi. C'est pas très cher payé, mais avec les jardins que j'arrose et le cat sitting, ça nourrit suffisamment ma tirelire raisonnable.
Mais ce week end, c'était nouveau; mon frère était en charge d'une distribution entière, en plus de celle toujours gérée par la mairie. Si, pour la seconde, je gardais mon circuit habituel, pour la première, je devais faire le pré saint nom en plus de mon trajet fidèle et adoré.
Le pré saint nom, pour ceux qui connaissent pas, c'est l'une des inventions les plus cruelles depuis l'antiquité, avec la pub sur les infections des ongles des doigts de pieds et les mathématiques. C'est une espèce de magma informe de rues tourbillonnantes, avec trottoirs traîtres, jardins bien tenus et infernales boîtes aux lettres. C'est au pré st nom qu'a eu lieu ma descente aux enfers. Déjà, avec 36°, et 2h de marche derrière moi (le parcours normal), j'étais cuite - saignant ou à point, je ne sais pas. Mais les boîtes aux lettres !... J'en ai jamais connu des plus vicieuses que celles ci. Elles se planquent derrière les buissons, se camouflent et se tapissent dans le paysage. Je crois que j'aurais bien frappé tous les propriétaires de ces affreuses boîtes aux lettres. Muhahaha, très drôle, le coup de la voiture garée tout contre. Le fin du fin, ce rosier aux épines acérées ou la poubelle débordante , là, juste devant. De très bon goût, la haie qui encadre la boîte aux lettres, ça m'oblige à revenir en arrière. Une fois ça, c'est bon, mais 30, 40, 50 fois...sur 300 maisons environ !
A ce propos, j'aimerais faire passer un message. Facteurs de tous les pays, unissez vous contre l'aristocratie bénéficiant de nos services ! Tenant tête à l'ennemi capitaliste qui trouve plus pratique d'accomoder ses boîtes aus lettres à sa manière ! Et vous, nobles gens nullement concernés par l'état de distributeurs, vous avez le pouvoir d'agir. Installez une autre boîte aux lettres en plus de celle incluse dans votre porte. Vous serez gagnant, à coup sûr; le matin, dans le décor idyllique du jardin humide de rosée et des fourmis aux yeux bouffis de sommeil, faire quelques pas et trouver quelques missives d'amis chers et du contrôleur des impôts. Vos voisins que vous preniez pour des psychopathes, se révèlent, sinon amicaux, au moins fréquentables. Et aussi, taillez les buissons qui encadrent et sont devant vos boîtes aux lettres. Abandonnez les boîtes fantaisies, celles ou il faut trois mains pour être sûr que le papier est dedans et y reste. Ne garez pas votre audi, ni votre R5 d'ailleurs, devant, ou sinon ne vous étonnez pas qu'elle soit rayée. Bref, agissez, pour le bien de tout un corps de la société. Point.
Quelque chose d'autre qui m'a prodigieusement énervée, comme vous venez de le lire : les boîtes qui sont dans la porte et celles qui sont dans des endroits bien exigus. Car oui, je me suis obstiné à ne pas quitter la selle de mon vélo. Il y a donc eu quelques moment un peu...tendus. "Oups. Coincée." En même temps, avec tous ces pots de fleurs et ces bibelots mal placés, avec ces boîtes aux lettre mordeuses qui exigent du facteur deux mains musclées et hyper rapides, avec ces autres qui ferment pas et que ma conscience très encombrante m'oblige à refermer (alors même que j'ai commencé à partir et que je dois me refarcir le passage de 3 cm de large entre la voiture et la palissade), avec cette chaleur qui ne se décidait pas à s'en aller très loin, avec ma migraine qui elle venait tout juste de s'installer dans ma tête (Stop affaire : grande boîte crânienne, ayant très peu servie, vide, à louer gratuitement), avec ces gens qui me regardaient passer et qui ne voulaient pas se bouger pour prendre ce maudit papier, avec mon vélo qui dérapait et faisait saigner mes mollets en les écorchant...enfin ça, c'est parce que j'avais crevé mon pneu avant et que je m'en suis rendu compte un peu tard, lorsque j'ai décidé de repartir sans finir cette maudite résidence. Evidemment pile au mauvais moment, celui où il y aurait eu plein de descentes pour me reposer un minimum. Ah oui et aussi, j'ai rencontré monsieur B. qui rentrait du golf en bermuda. Ainsi qu'une drôle de vieille femme qui m'a demandé si j'étais bien du pays (non, je suis d'origine vénusienne) et qui m'a appris qu'elle avait 88 ans. En chiffres, cette première partie de ce que j'appelle maintenant la distribution maudite, ça a été :
3 heures 1 coccinelle 3 escargots 6 boîtes aux lettres très bizarres 2 boîtes aux lettres...que j'ai pas trouvées 4 gros chiens 2 chats 3 gros cassages de gueulage : un pour éviter d'écraser la coccinelle, un pour éviter de se faire écraser par une voiture, un quand mon pneu a voulu vivre son indépendance bien loin de son support métallique
Je tiens à préciser à aless, jess, géraldine, lucille... que j'ai rempli leurs boîtes aux lettres avec amour et que je suis fière d'eux (ils ont des boîtes aux lettres pratiques).
En rentrant chez moi, grosse engueulade, nullement atténuée par le fait que j'avais un mollet ensanglanté et le deuxième noir de cambouis, au contraire. Ma mère voulant que j'y retourne le soir de même - il était 21h - et mon frère ne voulant plus me payer - et garder ainsi pour lui l'argent. Finalement, j'y suis retournée le lendemain matin, et tout s'est plutôt bien passé.
Et, au fait. Je suis en vacances depuis tout juste une semaine. Je suis admise à Jeanne d'Albret. Sur 540 élèves de seconde, y en aura bien un pour me supporter. Bonne chance, bonne continuation, bonnes vacances, bonnes années, joyeux noëls, bons anniversaires, bravo pour le boulot, toutes mes félicitations pour les mariages, félicitations pour les bébés, toutes mes condoléances, je suis désolée pour les divorces/bonnes noces d'or, bonnes morts. Ca c'était pour ceux que je reverrais plus jamais. Et j'ai oublié quelque chose à la liste : bisou.
Y aurait il quelqu'un pour m'amputer du coeur ?
30 mars 2006
les promenades, première
LA PLUIE
Ca peut être très agréable, une promenade sous la pluie. Mais aussi très désagréable, genre quand en plus ya un vent à arracher la perruque de Mme Vieille-Barque-Allemande - comprenne qui veut, indice : notre ancienne prof d'allemand. Là, tout promeneur un peu malin prendra un parapluie. Et tout promeneur très malin n'en prendra pas.
Bon, ce n'est pas un secret, je suis pas très futée. Ou enfin juste quand je veux bien.
En conséquence, avec mon petit parapluie, j'ai fait un remake de mary poppins la grâce en moins, avant que, avec un CRAC magistral, le parapluie s'est retourné. Je me demande si c'était pas mieux comme ça. Sinon j'auraiscontinuer à traîner mon parapluie derrière moi, genre gamin récalcitrant.
Mais j'ai réussi à le refermer, avec de multiples précautions et à l'abri du vent.
N'empêche que la pluie...mouillait (promis). Et désagréablement, en plus. Donc j'ai continué de marcher en longeant une haie et des arbres, en me disant naïvement que les verts feuillages me protégeraient de l'ondée (comme quoi je peux faire de belles phrases, quand je veux). Sauf que, si l'eau était d'abord filtrée, elle retombait ensuite à intervalles régulières sous forme d'énormes gouttes rythmant la marche.
en conclusion : la pluie, c'est bien, mais pas toujours.
